Duel

Dans la brutalité du corps absent qui cède 
Aux frasques inébranlables des mots vils de l'oubli 
Je ne puis me résoudre à ne plus te sentir 
Vivre profondément en chacun de mes gestes. 
 
Je suis-Tu es ne font qu'un dans l'instant prolongé de la vie 
Aucune dualité du corps et de l'esprit, ni de moi ni d'autrui 
Je suis là, certes mais ma vie ne procède 
Que de ta vraie présence, 
Tes yeux, tes mots, tes lèvres. 
 
Être n'a plus de sens 
Que s'il est partagé 
Dans l'heure dans la seconde déjà vite oubliée. 
 
Tout n'est qu'un 
Au dam de ceux qui scindent, découpent et se partagent 
Rejettent, refoulent, discriminent, répudient. 
 
Comment ne pas penser l'homme sans la nature 
Tout en forçant l'idée d'êtres qui se haïssent. 
 
De l'adulte qui est 
À l'enfant que je suis 
De celui que je hais  
Aux blessures enfouies.

© Eric Benoit