11/05/20 -JOur 54- Nous n'oublierons pas


Je voudrais commencer par cette phrase de la chanson de Jean Ferrat "Le bilan", fort à propos...
« Ah, ils nous en ont fait avaler des couleuvres...» 
Certes ! Lui ne parlait pas des mêmes manipulateurs mais au fond, y-a-t'il une si grande différence lorsqu'on parle de ces méthodes ? 
A quoi ont-ils joué ? Aux dés ? Avec nous, avec les infirmiers et médecins, avec les gens, les pauvres gens apeurés et démunis, sous le joug de la loi d'urgence sanitaire qui, à l'aube de ce fameux déconfinement, s'affirme chaque jour et entérine sa légitimité dans des annonces faisant sans cesse craindre une deuxième vague, de nouveaux foyers de contaminations, usant de termes soigneusement choisis et anxiogènes. 
 
Alors dans ce contexte, nous n'oublierons pas les mensonges de Buzyn, les indécences odieuses de Macron dans ses allocutions, les mensonges et les détournements de son 1er ministre face à l'Assemblée Nationale, le sacrifice des « Vieux » dans les Ehpad, les plans qui se poursuivent pour rentabiliser encore l'hôpital, l'indécence des derniers projets de modernisation offerts au secteur Privé, voulus secrets mais dévoilés (dernière note de la Caisse des dépôts). 
Nous n'oublierons pas non plus l'absence de l'Union Européenne (union ?), le retour des nationalismes, le chacun pour soi jusque dans la recherche des vaccins et traitements. 
Nous n'oublierons pas le combat stérile des chercheurs et médecins, entre eux, pour la gloriole et l'attrait du fric, la corruption de certains, l'obscurantisme et la trahison. Ce qui ne nous fera pas oublier non plus l'engagement des autres et la force qu'ils ont mis à soigner, à désobéir et à oser. 
Et pour couronner le tout, l'insulte à tous, par ce gouvernement, de n'avoir jamais reconnu les erreurs commises ! 
De tout cela, nous avons assez parlé. 
 
Nous n'oublierons pas les belles paroles et les promesses de ce Président des riches, que nous nous attacherons à suivre, à la trace, pour lesquelles nous demanderons des comptes : 
Le 12 mars 
« Mes chers compatriotes, il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai. » 
le 16 mars 
« Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner. Agissons avec force mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences ». 
le 13 avril : 
« Il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd'hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. » 
« Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir. » 
« Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier. » 
« Mes chers compatriotes, nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les Jours Heureux. J'en ai la conviction. » 
 
Mais nous n'oublierons pas non plus ce retour de la nature, ce retour à la nature, son exubérance sous un soleil omniprésent, généreuse, joyeuse et vivante. 
Le silence. Le ciel pur. Les oiseaux. Les plantes. Les abeilles, les fruits... la douceur et les rêves... La planète qui respire . 
Cette année, nous allons dépasser le mois d'août dans l'équilibre de la balance « ressources / consommation » ! 
 
Nous n'oublierons pas non plus les forces déployées par tous les soignants dans cette bataille qui n'était pas la leur mais qu'ils ont pris à leur compte, au nom de la dignité. 
Nous n'oublierons pas l’engagement des enseignants, de tous ceux qui n'ont pas eu d'autre choix que d'effectuer ces activités invisibles autant qu'indispensables. 
Je veux être là autant qu'il me sera possible pour la reconnaissance de ce qui se révèle enfin comme le cœur de notre société : les services publics, l'hôpital, l'éducation, les communications, les transports, les fabrications industrielles stratégiques. 
Nous n'oublierons pas non plus les espoirs (même déçus), la solidarité démultipliée, des uns qui ont donné leur présence, leur temps pour faire les courses des autres qui n'en étaient pas capables, pour écouter, pour fabriquer du gel désinfectant, des masques, des respirateurs même, des entreprises qui, plutôt que de chercher à maximiser les profits, ont choisi de les répartir (fond de solidarité de « c'est qui le patron »...). 
 
Nous n'oublierons pas 
#OnNoublieraPas 
 
Payons nous un petit tour en vidéos, illustrant à merveille, qu'elles soient humoristiques ou pas, la réalité de ce qui vient de se passer. 
 
Mais tout cela, TOUT, n'est rien en regard de ce qui vient et qui seul est encore en gestation, donc de notre ressort. 
Essayons d'en parler dans le prochain et dernier épisode...
La tribune de V. Lindon
Plus jamais ça
Grand corps malade
La Madeleine Proust
T'as voulu voir
© Eric Benoit